HAROLD / CORSE MATIN



Gorgona, poésie fantastique qui ne laisse pas de marbre

Publié le samedi 11 décembre 2010 à 07H05
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Le tournage se déroule en Balagne. Le récit fantastique confond le monde des humains et celui des gorgones. Les auteurs espèrent le présenter à la sélection du festival de Cannes en février.GHJILORMU PADOVANI
Il est 16 h 30. L'établissement Chez Tao est transformé en plateau de cinéma. Les techniciens s'affairent, « la lumière est parfaite il faut en profiter », lance la réalisatrice Célia Canton Khan. Le projet est ambitieux : faire une maquette de long-métrage à présenter pour la sélection du festival de Cannes en février. Et aux différentes télévisions en mars à Paris. Son nom ? Gorgona, dont la totalité du tournage est prévue en Balagne. Une oeuvre plus proche de la poésie fantastique que du film, issue de l'imagination d'un homme : Jean-Vincent Fuentes, président de l'association de cinéma Terra bianca basée à Belgodère. Il a su faire appel à une équipe solide, formée souvent au gré de rencontres. « Louis-Stéphane Ulysse qui a reçu le prix des lecteurs Fnac pour son livre Harold collabore à l'écriture. L'actrice Dominique Jayr s'occupe de " coacher " les acteurs et beaucoup de professionnels de la technique rendent cela possible », développe-t-il. Certains acteurs sont bien connus dans l'île comme Jo Fondacci, Coco Orsoni ou Henri Olmeta.
Shahel, passerelle entre les humains et les gorgones
À la baguette, Célia Canton Khan n'est pas une débutante dans le milieu. « Je l'ai rencontré alors qu'elle présentait un court-métrage à Cannes intitulé China Down. Il s'avère qu'elle est Corse par sa mère. L'instinct a fait le reste », assure le président de Terra Bianca. Mais l'aventure Gorgona c'est aussi des amateurs qui découvrent le monde du cinéma. Et prennent part directement au projet. Comme Pierre-Luc Lelouche, assistant réalisateur. Ou Marina, animatrice de centre aéré devenue accessoiriste : « J'ai une formation en arts appliqués alors lorsqu'une amie m'a parlé de ce tournage, je n'ai pas hésité, c'est passionnant. » Les scènes sont tournées à la caméra HD Red 1, quatre fois plus performante qu'une HD classique, utilisée notamment par Peter Jackson, le réalisateur de la trilogie Le Seigneur des anneaux« On joue beaucoup sur l'esthétique, chaque plan est un tableau », assure l'assistant-réalisateur. Déjà, l'oeuvre ne ressemble à aucune autre. « Pour Gorgona, on peut parler d'univers plutôt que de scénario », explique Pierre-Luc Lelouche. Et pour cause. L'action se déroule dans un monde où les gorgones existent. Ces créatures de la mythologie grecque qui transforment en pierre quiconque croise leurs regards n'ont ici rien de monstrueux. En apparence. Humaines par la naissance, elles sont rejetées par leurs géniteurs à cause d'une déficience de leurs sens, en particulier celui de la vue. Et pétrifient les humains pour se nourrir de leur âme. L'héroïne, une gorgone nommée Shahel, abandonnée tardivement par ses parents se trouve à mi-chemin entre les deux mondes. Sa part d'humanité servira-t-elle à faire la jonction entre les hommes et les gorgones ? Réponse en février.

Source :http://www.corsematin.com/article/calvi/gorgona-poesie-fantastique-qui-ne-laisse-pas-de-marbre