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Harold @ Louis-Stéphane Ulysse

Publié le 09 septembre 2010 par Lebibliobus/ Lily Et Ses Livres
Harold @ Louis-Stéphane Ulysse« C'est l'histoire d'un oiseau qui finit par se comporter comme un homme par amour ; là où les hommes qui l'entourent, finissent pas se comporter comme des oiseaux, donc comme des animaux, parce qu'ils ne savent pas quoi faire de leur amour. »Extrait de l’entretien de l’auteur avec Maxence Grugier.
Chase Lindsey, éleveur et dresseur d’oiseaux, homme solitaire, presque reclus, est embauché sur le tournage du prochain film d’Hitchcock, « Les oiseaux », film problématique s’il en est puisqu’il faudra au réalisateur gérer tout autant les caprices de ses stars que ceux des volatiles tout aussi versatiles…Chase n’est pas étranger à ce milieu pourtant à mille bornes de sa vie de tous les jours, c’est une part de son métier, il accepte. Peu de temps auparavant, un jeune corbeau, surprenant et fier, avait fait son apparition dans sa ferme, semant le désordre et la confusion parmi ses corbeaux. L’animal, blessé, visiblement affamé, portait une étrange bague à sa patte droite sur laquelle était gravée cette inscription, « Harold ». Chase ne mêle pas le nouveau venu à ses autres oiseaux, mieux, il protège les siens tout en le surveillant de près. A vrai dire, Harold qui se remet rapidement de ses blessures l’époustoufle par sa vaillance, et quelque chose d’un petit peu plus spécial, d’un peu trop « humain ».Il le laisse libre, même après qu’il eut tué son chef de meute…Quand l’oiseau réapparaît, par hasard vraiment ? sur le tournage du film du grand Hitch, Chase n’en revient pas, monte en lui comme un sentiment d’inquiétude, le sentiment qu’une histoire, « leur » histoire allait commencer…Et puis il y a Tippi, Tippi Hedren, dans le rôle phare, insaisissable, distante, subliment élégante. Chase, Harold et Tippi… LEUR histoire, oui, finalement à tous les trois. Car dans ce roman noir, fort noir, aussi noir que les ailes d’un corbeau, la passion, l’attraction, sensuelle, irrésistible, impossible, tient de loin la première place. Mais là où le corbeau réussit, l’humain échoue, presque piteusement. Chase choisira la doublure de Tipi, son ombre en pleine lumière, sa doublure lumière, Eva Beaumont, tandis qu’Hitch subira camouflets sur camouflets de la part de sa vedette préférée (du moment). Oui, les rôles s’inversent, l’oiseau tient finalement la vedette à la ville comme à la scène, peut-être parce qu’il ne joue pas, lui… Entre fable cruelle, roman noir et récit fantastique, Louis Stéphane Ulysse plonge son lecteur dans une ambiance très hitchcockienne, au cœur d’un Hollywood sulfureux qu’il connaît sur le bout des doigts.A découvrir et à dévorer avec bonheur !
Ici le très bel article de fluctuat et l’entretien avec Louis – StéphaneUlysse
« (…) et Tippi, les genoux en sang, bas déchirés, le sang aussi sur le visage, se mit à pleurer, cette façon de pleurer qu’on a tous parfois quand on ne parvient même plus à reprendre son souffle, et la silhouette avait quelque chose de perdu à cet instant-là, dans l’immensité des décors du studio, et elle pleurait toujours lorsque brusquement, les sanglots se suspendirent parce que, quelque part dans le même espace qu’elle, elle n’en était pas sûre, mais quelque part quand même elle entendit ce bruit, elle avait encore ses larmes mais au moins maintenant pouvait-elle respirer, et elle regarda sans trop y croire, mais elle entendit ce bruissement d’aile… »


Harold @ Louis-Stéphane Ulysse
Editions Le Serpent à plumes – Août 2010







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