HAROLD / CHRISTINE ROUSSEAU / LE MONDE

Romans français : valeurs sûres et production à la hausse

Très présentes à l'automne 2009, l'Algérie et la guerre d'indépendance sont au coeur des livres de Jérôme Ferrari 
(Où j'ai laissé mon âme, Actes Sud), de Rachid Bouchareb et Olivier Lorelle (Hors-la-loi, Perrin) ou de Bernard du 
Boucheron (Salaam la France, Gallimard).
Qu'elle soit ancienne ou très contemporaine comme dans L'Envers du monde, de Thomas B. Reverdy (Seuil) sur 
l'après- 11-Septembre, l'Histoire reste un puissant creuset romanesque. Les écrivains peuvent en tirer des 
portraits romancés, comme L'Echiquier de la reine, de Yann Kerlau (Plon), sur Christine de Suède ;
 La Princesse de Montpensier, de Bertrand Tavernier (Flammarion, titre provisoire) et Le Ministère des ombres
de Pierre Lepère (La Différence) sur Nicolas Fouquet. Ou encore des tableaux d'époque et de générations, 
comme l'ont fait Claude Arnaud avec les années 1960-1970 (Qu'as-tu fait de tes frères ?, Grasset), 
Gaëlle Bantegnie avec les années 1980 dans France 80 (Gallimard) et William Réjault les années 1990 
(Tous ces jours sans toi, Plon).
D'ART ET DE CRÉATION
L'art et son histoire offrent aussi matière à fiction. Parmi elles, citons : Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants
de Mathias Enard (Actes Sud) sur Michel-Ange ; Un coin de table, de Claude Chevreuil (De Fallois) sur 
Henri Fantin-Latour. Et sur la musique, Mamita, de Michel del Castillo (Fayard). Côté cinéma, signalons 
Les Sentiments, d'Agnès Michaux (Flammarion) sur Marylin Monroe, dont Le Seuil publiera, en octobre, 
les écrits intimes. Ou encore On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux
de Robert Bober (POL), qui évoque François Truffaut, 
et Harold, de Louis-Stéphane Ulysse (Le Serpent à plumes), autour de Hitchkock.
Dans le domaine littéraire, outre Le Réprouvé, de Mikaël Hirsh (L'Editeur) sur Céline, plusieurs titres 
portent sur la création dont Double oubli de l'orang-outang, d'Hélène Cixous (Galilée) ; Consolation
de Mireille Calle-Gruber (La Différence) ; Un mage en été, d'Olivier Cadiot (POL). 
Enfin, le théâtre n'est pas oublié grâce à Celia Levi (Intermittences, Tristram) 
et Florence Giorgetti (Do you love me ?, Sabine Wespieser, octobre).
FAMILLE, QUAND TU NOUS TIENS...
Des relations parents-enfants à la quête du père ou de la mère en passant par les récits d'enfance, la famille 
reste un sujet incontournable pour nombre de primo-romanciers tels Virginia Bart 
(L'homme qui m'a donné la vie, Buchet-Chastel), Julie Douard (Après l'enfance, POL), 
Antonia Kerr (Des fleurs pour Zoé, Gallimard), Anne Berest (La Fille de son père, Seuil) 
ou Balthasar Thomass (Le Cercle des cendres, Philippe Rey). Mais aussi pour de jeunes 
auteurs tels Jean-Baptiste Del Amo (Le Sel, Gallimard) ou Cécile Coulon 
(Méfiez-vous des enfants sages, Viviane Hamy). Et des romanciers confirmés comme 
Jean-Baptiste Harang (Nos coeurs vaillants,Grasset), Claude Louis-Combet (Le Livre du fils, Corti) 
ou Jean-Michel Maulpoix (Journal d'un enfant sage, Mercure de France).
D'AMOUR ET DE DÉSIR
Que serait une rentrée sans romans d'amour ? Du chassé-croisé amoureux version Ego Tango
de Caroline de Mulder (Champ Vallon) ou Bibi, de Victor-Lévy Beaulieu (Grasset, premier roman), 
aux affres des amours adultérines (Plage, de Marie Sizun, Arléa) et à la séparation 
(La Seule, de Maud Basan, Denoël), en passant par la question du désir 
(La vie est brève et le désir sans fin, de Patrick Lapeyre, POL), l'éventail est large. 
Les amateurs de textes plus sulfureux pourront faire leur miel de Nora, de Robert Alexis (Corti), 
Odeur de sainteté, de Jacques Abeille (Atelier in 8) ou Avec Bastien, de Mathieu Riboulet (Verdier).
Le corps peut cependant prendre des tournures plus cruelles comme l'illustrent Vivement l'avenir
de Marie-Sabine Roger (Rouergue), sur le handicapEspèces, de Ying Chen (Seuil) ou Corps
de Fabienne Jacob (Buchet-Chastel), qui porte un regard particulièrement féroce 
sur le marché bien contemporain de la beauté.
Christine Rousseau