HAROLD / CULTURE CAFE / CHRISTOPHE GREUET

Du coté des auteurs moins populaires mais néanmoins attendu, les éditions du Seuil nous proposeront le nouveau Bernard Quiriny, Les assoiffées. Après deux recueils de nouvelles, l’auteur livre ici son premier roman, qui nous transporte au cœur d’une tribu de féministes révolutionnaires, dans l’Italie des années 70. Toujours au Seuil, Thomas B. Reverdy (Le ciel pour mémoire) dresse  dans L’envers du monde le portrait d’une Amérique blessée, deux ans après le 11 septembre. Agnès Desarthe revient avec Dans la nuit brune (L’Olivier), où un père part sur les traces de ses origines, après le décès du petit ami de sa fille. Olivia Rosenthal (On n’est pas là pour disparaître) s’attardera pour sa part sur les rapports entre les hommes et les animaux dans Où vont les rennes après Noël ? (Verticales).
rl10_mage_en_eteTrois ans après Un nid pour quoi faire, Olivier Cadiot sera également de retour chez P.o.L. avec un nouveau roman largement illustré, Un mage en été, monologue sur le processus de création tournant autour d’une photo de Nan Goldin. Autre auteur fasciné par l’image et la création, Alain Fleischer dévoilera Imitation (Cherche-Midi), une profonde réflexion sur le processus d’imitation dans l’histoire de l’homme, et dans sa relation avec la nature. Enfin, le cinéaste-écrivain François Dupeyron revient avec son nouveau roman, Où cours-tu Juliette (Léo Scheer).
Le contexte politique et social sera également présent au centre de plusieurs romans. Chez Gallimard, le nouveau livre de Nathalie Kuperman (Petit déjeuner avec Mick Jagger), Nous étions des êtres vivants, nous plonge au cœur du quotidien d’une entreprise en plein redressement judiciaire. Après le remarqué Court serpent, Bernard de Boucheron réouvre les plaies de la colonisation en Algérie avec Salaam la France (Gallimard). Dans Quand j’étais normal (Grasset), l’excellent Marc Weitzmann (Fraternité) suit une troupe de comédiens à la retraite, dans la France de 2003 qui vient de subir la montée de l’extrême droite aux présidentielles, et la guerre en Irak.
rl10_femme_celebreLes célébrités et le monde du spectacle sont toujours des matériaux de choix pour les écrivains. De nombreux livres le prouvent cette rentrée. Dans Les sentiments, Agnès Michaux revient sur l’amour passionnel de Marilyn Monroe pour Yves Montand dans le Hollywood des années 60. Un contexte également utilisé par Louis-Stéphane Ulysse (La fondation Popa) dans Harold (Serpent à Plumes), l’histoire de la passion de l’actrice Tippi Heddren pour un corbeau rencontré sur le tournage des Oiseaux. Dans son nouveau romanUne femme célèbre (Stock), Colombe Schneck nous amène sur les plateaux de télévision avec le récit de la présentatrice-vedette de variétés Denise Glaser. La télévision qui sera également abordée dans un document explosif qui devrait faire du bruit, France Télévisions, off the record (Flammarion). Enfin, dans Vies d’Andy(Serpent à plumes), Philippe Laffite (Étranger au paradis) imagine un Andy Warhol qui ne serait pas mort en 1987, aurait changé de sexe pour vivre en Europe, mais serait toujours traqué par Valerie Solanas, qui avait tenté de l’assassiner vingt ans plus tôt.
Plusieurs documents sont également à suivre, dont le deuxième tome des Écrivains en série (Léo Scheer/Laureli), la biographie rock Little Bob Story de Christian Eudeline (Denoël X-Trême), ou Les historiettes (Denoël), nouvel ouvrage du bibliophile Jacques Bonnet. A signaler également la parution du premier roman graphique des éditions NiL, Cléo de Fred Bernard.
rl10_nevrospiral_pDe nombreux premiers romans sont également annoncés cette rentrée. Dans Nevrospiral (Callmann-Levy), Patrick Olivier Meyer suit le quotidien de quatre individus très différents réunis par un problème au cerveau. Romain Monnery revient sur le quotidien difficile des jeunes en recherche d’emploi dans Libre, seul et assoupi (Au diable Vauvert). Il sera également question d’un jeune journaliste dans Un roman Estonien de Katrina Kalda (Gallimard), dans lequel August est sommé par un patron de presse d’écrire un feuilleton patriotique, dans l’Estonie redevenue indépendante. Natacha Boussaa nous replonge dans les manifestations anti-CPE de 2006 avec Il faudra tous nous tuer (Denoël). Anne Berest fait dans La fille de son père (Seuil) le portrait de tris sœurs orphelines de leur mère, qui partagent un fort retentissement pour la deuxième femme de leur père. Pierre Ducrozet propose un voyage psychédélique dans Requiem pour Lola rouge (Grasset), qui suit un homme psychédélique à la recherche de son amour perdu. De même Alain Farah présente dans Matamore n°29 (Léo Scheer/Laureli) un écrivain aux prises avec un de ses personnages, espion globe-trotter épris d’une blonde polonaise.