BLOG, UNE HSITOIRE DU WESTERN, CINE CHRONICLE

Carlotta Films, en association avec GM Éditions, sort le 15 mars un coffret livre/DVD exceptionnel consacré à l’Histoire du western. Séparé en deux volumes -l’un sur les cow-boys, l’autre sur les indiens- de 192 pages chacun et illustré de 130 photos, l’ouvrage est signé par le scénariste, biographe et romancier Louis-Stephane Ulysse (Soleil SaleLa Fondation PapaHaroldMedium les jours de pluie). S’ajoute aux deux livres, douze films proposés uniquement en DVD : AlamoIl était une fois dans l’OuestLa horde sauvageJosey Wales hors-la loiTom Horn, sa véritable histoireTrue GritLa flèche briséeLa prisonnière du désertSoldat bleuLittle big manJeremiah JohnsonDanse avec les loups. Ces grands westerns, qui complètent parfaitement la lecture, sont abordés dans les chapitres de fin et cités au fil des pages. Si de nombreux livres ont déjà été écrit sur le western, il faut saluer l’initiative de cette sortie qui ravira tant les cinéphiles éclairés que les néophytes curieux. Il est cependant étrange que l’édition ne regroupe pas le tout en un seul volume. Les deux figures mythiques que sont les cow-boys et les indiens sont en effet indissociables à travers le genre. L’auteur fait ici le choix de proposer une histoire du genre la plus large possible. Des premiers westerns forains du cirque de Buffalo Bill, en passant par les sérials (The lone ranger), les séries télévisées (Au nom de la loi ou Rawhide marquant les débuts à l’écran de Steve McQueen et Clint Eastwood), jusqu’aux westerns contemporains au discours plus pro-indiens, tout est passé au crible de l’analyse et parfois de l’anecdote.
Remis en selle dans les années 90 avec les désormais classiques Danse avec les loups et Impitoyable, le western ne cesse de mourir, d’évoluer et de renaître au fil de l’Histoire du cinéma. On aurait cependant aimé que l’auteur s’attarde davantage sur le western européen ou les grands classiques américains comme ceux de John Ford (La prisonnière du désertLa chevauchée fantastique, L’homme qui tua Liberty Valance), d’Anthony Mann (Winchester ’73L’homme de la plaineL’appât), de Raoul Walsh (La charge fantastiqueHigh SierraLa blonde et le shérif) ou encore de Howard Hawks (Rio BravoRio LoboEl Dorado). On nous offre à la place de courtes biographies de personnalités un peu obscures et oubliées, après celles des grands noms comme John Wayne ou Charles Bronson, ainsi que de longues pages sur des faits historiques.

Les deux livres apparaissent alors davantage comme l’étude d’un genre cinématographique, en adéquation avec l’histoire des États-Unis, et l’évolution de sa représentation. L’indien est ainsi d’abord vu comme le némésis, l’ennemi juré du héros brave, une sorte de double maléfique désincarné à combattre, souvent campé par des acteurs non améridiens. Les westerns se font ensuite plus pacifistes et moins manichéens, offrant au supposé sauvage un surcroît d’humanité et un rôle de premier plan. Il est également intéressant de voir cette évolution comme un désir de rédemption de Hollywood lié aux blessures et traumatismes de la guerre du Vietnam que souligne justement l’auteur. Pour Louis-Stephane Ulysse, au détour des pages richement illustrées, le western véritablement pro-indien reste à faire. L’indien au cinéma apparaît encore et toujours comme le reflet et l’alibi culturel d’une Amérique « civilisée » qui veut se laver des massacres perpétrés au temps de la conquête de l’Ouest.