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Affichage des articles du avril, 2015

HAROLD / COSTA RICA




Projet de couv, envoyé par internet avant mon départ par César



Le livre tel qu'il est publié par Juan Hernandez des éditions Germinal... La maquette est de Daniel Montiel .




Par où on commence et comment... César et moi à l'Alliance de San José... (photo Laura Pachéco)


César monte au créneau (photo Laura Pachéco)




César, parfait comme d'hab (photo Laura Pacheco)


César et moi, après le débat à l'alliance française qu'il a animé... En gros, on doit se dire un truc comme "Pas si mal"... Je venais d'arriver la veille, avec 30 heures en gros dans les dents... En fait tout est parti de César... (photo Laura Pachéco)


A Sophos, avec Philippe Hunzicker qui dirige la librairie et Marc Sagaert de l'Ifarc... C'était une intervention un plus difficile et ils m'ont vraiment aidé. (photo Clémentine Moriceau)

Philippe et Marc... (Photo Clémentine Moriceau)


Marc et moi pour la présentation à la librairie Sophos à Guatémala city (photo Clémentine Moriceau)








Le site de l'Ifac : http://institutfrancais-ifac.com/
Le site des éditions Germinal : http://editorialgerminal.com/latienda/en/


THIERRY THEOLIER / DENISE LABOUCHE REVUE

Interview de mon ami Thierry Théolier









LES DUDES, L’ÉPOQUE, HOUELLEBECQ : ENTRETIEN AVEC THIERRY THÉOLIER

THTH


|  Entretien réalisé avec Thierry Théolier


Le Dude Manifesto, déjà paru en « autoproduction » en février 2014, est attendu prochainement chez Denise Labouche Editions dans une version « redux ». Cette sortie annoncée était l’occasion parfaite pour une rencontre avec l’auteur, Thierry Théolier, alias ThTh, dans un petit troquet du côté de Ménilmontant.

fer_sur_zinc


Pourquoi es-tu venu nous voir nous, il y a un an ?

J’ai d’abord fait la connaissance de Tara, qui parlait de littérature américaine sur Gonzaï. J’ai su qu’elle était aussi chez Denise. « Denise Labouche », le nom m’a interpellé pour des raisons libidineuses, et vous avez rajouté une dose de mythe en me parlant de cette actrice porno allemande, gogo-danseuse… Mais la vraie raison, c’est que j’ai senti chez Tara un goût pour la « poésie directe », la poésie de la route, de l’expérience : Kerouac, les grands de la littérature américaine dont le dernier pour moi est Jim Harrison. J’en ai rien à foutre de Brest Easton Ellis, je préfère Hubert Selby Jr.
Et puis il me fallait un éditeur. Et Louis-Stéphane Ulysse aussi m’a parlé de Denise Labouche, c’est un écrivain qui vit en Grèce, j’ai une correspondance avec lui sur la littérature, la poésie, les « dudes », etc.

Tu as déjà publié une version « autoproduite » du Dude Manifesto. Pourquoi une « republication » ? Tu penses que le « Do It Yourself » a ses limites ?

Ce qui est important, c’est l’échange, l’échange avec une tierce personne. Denise Labouche est une petite communauté, et je vous ai trouvés bienveillants. Vous n’êtes pas des « suckers », vous n’êtes pas imbriqués dans le système parisien ni désireux de côtoyer les momies de l’édition « rive gauche ». Et vous me semblez toujours prêts à en découdre sans passer par la machine à coudre.
Après, je pense qu’on peut faire le travail sur soi-même et rester honnête, mais c’est plus douloureux, ça demande beaucoup plus d’énergie. Moi je n’aime pas être seul. Je considère qu’un éditeur c’est comme une famille, quelqu’un sur qui on peut se reposer, d’où mes pétages de plomb parfois. J’attends beaucoup de mes éditeurs. Si on peut pas se critiquer et péter les plombs, on n’est pas une famille.
Et puis vous venez d’une autre culture que la mienne ; j’ai surtout une culture américaine, qui vient aussi du web. Vous avez un côté plus littéraire, plus classique. Je sais qu’il y a aussi une amitié entre Denise et les éditions « L’échappée », un éditeur que j’apprécie. Derrière Denise, il y a donc plusieurs personnes et plusieurs cultures. On est mieux accompagnés, en amour comme en poésie. Il y a une rigueur quand on est à plusieurs, on peut moins se laisser aller et il y a moins de branlette. Ca se voit tout de suite.
Je suis très fier du premier objet que j’ai réussi à faire, mais je pense qu’il va prendre de l’ampleur, grâce à votre préface, et même au niveau de l’objet. Je pense qu’on aime tous les beaux objets : le livre a une beauté intrinsèque.

Quand on dit « dude », la plupart des gens pensent au Big Lebowski. Tu te situes où par rapport à cette influence hollywoodienne ?

Tout le monde a vu ce film il y a quinze ans. Il a eu un effet un peu inconscient, avec des éléments surréalistes. J’ai creusé autour de ça en écrivant le Dude Manifesto, j’ai appris que le personnage de Walter a été inspiré par quelqu’un qui a existé, John Milius, et que c’est le producteur Jeff Dowd qui a inspiré Jeffrey Lebowski. Le film est calqué sur la trame du roman de Raymond Chandler, Le Grand sommeil. C’est une œuvre post-moderne, qui a samplé des éléments de vie fictifs et réels. Quinze ans après ce film, alors que l’époque a coulé, on se rend compte que les losers n’avaient peut-être pas tout à fait tort et n’étaient pas si loin du bonheur et de l’expérience de la vie. La cocaïne amène des romans comme American Psycho, mais je me suis dis quand même qu’il faut sortir de ce modèle du héros psychopathe.
Je me suis intéressé à ce film pour des raisons de stratégie, puisque c’est un monument de la pop-culture, et aussi parce que les gens ont besoin de se raccrocher à quelque chose qu’ils connaissent. Et même si c’est de la pop culture, même si je suis critique du spectacle américain et de la marchandisation de la pensée, le Big Lebowski fait du bien, parce qu’il parle des losers. Le dude ce n’est pas le loup de Wall-Street ni un personnage de Madmen, ce n’est qu’un gros loser.
Dans ce film, il y a une espèce de trilogie : le dude est un hippie, Donny est une sorte de bobo mou, et Walter est un cyber-punk. J’ai pensé en faire un « equalizer karmique » : au jour le jour, on peut varier en fonction de ces trois tendances, plus ou moins cool ou plus ou moins violentes, tu peux graduer ! Et puis après il y a Jésus : lui c’est un pur nihiliste, il renvoie au dandysme, à l’ego, aux grosses couilles, mais c’est une impasse. La voie à trouver, c’est l’équilibre dans le triptyque, entre mollesse et violence.
Après, j’ai l’impression d’avoir un peu « hacké » le dude des frères Coen, de l’avoir dépassé. C’est pour ça que je me suis appuyé sur ce qui est pour moi le vrai dude : le personnage de John Wayne, dans Le dernier des géants. Pour moi, c’est lui le héros. On a tous besoin d’un modèle héroïque, en général c’est le père. Pour moi c’est John Wayne dans ce film, un mercenaire en bout de course, mué par l’instinct de survie. Mais c’est quelqu’un de droit, avec une éthique. « Ni insulter, ni tromper, ni humilier, je ne fais pas aux autres ce que je ne veux pas qu’on me fasse ». Chaque jour, il faut se considérer comme le « dernier des géants » de sa propre vie.

Mais alors tu t’adresses à qui ? Aux nihilistes, aux losers ? Qui doit acheter ce livre selon toi ?

Je m’adresse à la part « dude » de chacun de mes lecteurs. J’ai fait attention à ne pas avoir une écriture trop hermétique, trop « cyber-punk ». L’idée est de réconforter les gens. L’époque nous dit qu’on est malades, mais c’est elle qui est malade. Je veux dire aux gens « vous êtes parfaits ». On vous dit que vous perdez, mais vous gagnez. Au contraire, on perd sa vie à la gagner. Continuez comme ça tout en essayant de vous faire un peu de fraîche parfois.
Et puis je vais vous dire : j’aimerais que les lecteurs de Houellebecq lisent le Dude Manifesto. J’en ai marre de cette énergie noire qu’il dégage, en fin de compte c’est du marketing. Les gens sont rassurés en voyant les stigmates du malheur sur sa gueule. Mais on peut très bien avoir les stigmates du bonheur et rassurer les gens sans leur mentir. C’est ça un dude. Moi je n’aurai pas sa putain de gueule. J’ai envie de lui dire : « Michel, mec, t’es sur ton lit de mort, tu veux des baffes ou des caresses ? » Parce que si tu veux des baffes, je vais t’en foutre, je te fous des gros coups de poing dans ta gueule : ça c’est du Houellebecq. Moi je te fais des caresses, moi je te fais une pipe : ça c’est du TH !



MEDIUM LES JOURS DE PLUIE / YOZONE

Le retour du serpent à plumes
Un reptile increvable
En 2015 dans les librairies

Le Serpent à plumes, c’est aussi un peu le serpent de mer, qui n’en finit pas de disparaître et réapparaître. Crée en 1993, la maison d’éditions a connu une trajectoire sinueuse avant de disparaître. Mais on en connaît à présent un peu plus sur la biologie des ces reptiles à caractéristiques aviaires : ils sont capables soit d’hiberner pendant une période assez longue, soit, comme le phénix, de renaître de leurs cendres.

On n’en finirait pas de lister les trouvailles ou rééditions mémorables du Serpent à Plumes. Pour les amateurs de littératures de genre, les « Confessions d’un automate mangeur d’opium » de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit.
Pour les passionnés de bibliothèques, l’étonnant « Pfitz » d’ Andrew Crumey. Pour les férus de noir, l’inoubliable « Scènes de chasse en blanc » de Mats Wägeus. Pour les amoureux du déjanté, « Le Lapin exterminateur » qui concentre la folie à la fois acide et caustique de l’excellent Henri-Frédéric Blanc.

Un retour aux sources pour « Le Serpent à Plumes », du moins l’espère-t-on, puisqu’il devrait se faire sous la houlette d’anciens reptiles tels Pierre Bisiou et Xavier Belrose.

Au programme, des terres américaines comme « Sous l’aile du corbeau » de Trevor Ferguson ou « UnAmerica » de Monus, mais aussi des récits venant de la Corée (« La Végétarienne de Han Kang), du Maroc et de Syrie.

Il devrait y avoir également du français et de l’atypique puisque l’on annonce le « Journal d’un caméléon « de Didier Goupil et « Médium les jours de pluie » de Stéphane Ulysse, que l’on nous promet « aux confins du réel », avec fantômes et communication avec les morts.

Retour selon plusieurs axes puisqu’on aura aussi du policier et du noir, sous la direction de Matthieu Suc, pour des romans « en prise directe avec notre société ». Premiers titres pour 2015 : « Moi président » de Mathieu Janin et « Grand-pied est mort ce soir » de Jérôme Sage.



Hilaire Alrune
17 mars 2015    

Source : http://www.yozone.fr/spip.php?article18212